Déception, et ressaisissement

2009 juillet 17
by François

Certains le savent, d’autres pas : un nouvel échec s’est ajouté à mon expérience universitaire. Encore une fois, de très peu. C’est décevant et un peu rageant. Je pense mériter la plupart des notes que j’ai reçues, à part une. J’ai mis un peu de temps à me décider : je fais recours, ou je laisse tomber ?

Finalement, étant obligé de faire la session de rattrapage en août pour éviter de refaire l’année, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Peut-être un peu de crédibilité, mais c’est quelque chose qui se récupère. Une année, ça ne se récupère pas. Autant mettre toutes les chances de son côté avant d’affronter une autre session d’examens. Le plus dur étant de garder le moral, ne pas se décourager et persévérer. J’y arriverai !

Voilà donc le recours que j’ai adressé à ma faculté. Je le publie pour permettre à d’autres étudiants de s’en inspirer si d’aventure ils devaient se retrouver dans la même situation que moi. Evidemment, j’ai masqué tous les noms, les dates et les références à la matière concernée. Mes lecteurs sont priés de faire de même dans leurs commentaires. Merci !




Monsieur le Président de la Commission des examens, Madame, Messieurs,

Agissant en mon nom et pour mon compte, je dépose le présent recours relativement à la note reçue à l’examen écrit de *** lors de la session d’examens ***.

Le recours est formé en temps utile, à savoir dans le délai de dix jours échéant ce *** (art. 65 du Règlement de faculté).




Faits pertinents de la cause

  1. L’examen *** s’est déroulé le *** et la note attribuée, soit ***, a été découverte le *** sur ***.
  2. Le ***, je suis personnellement venu au *** consulter la copie de l’examen susmentionné.
  3. Jugeant que celui-ci a été corrigé très sévèrement et ne trouvant que peu d’annotations dans les marges, je prends rendez-vous avec ***, ***, afin de me rendre compte de mes erreurs dans la résolution du casus de l’examen.
  4. Il m’a été expliqué que, dans la partie procédure du casus de l’examen, j’avais été un peu confus et que mon raisonnement manquait parfois de structure. Il y avait néanmoins des éléments corrects dans mon argument.
  5. Dans la partie droit matériel du même casus, on m’a signifié que j’avais remarqué des éléments que beaucoup d’autres candidats n’avaient pas vu et que j’expliquais des notions qui étaient souvent satisfaisantes.
  6. Sur l’ensemble du casus, selon ***, j’aurais obtenu zéro (0) point sur la partie procédure, et trois-quarts (0.75) de point sur la partie droit matériel.
  7. Ces réponses m’ayant peu convaincu quant au bien-fondé de la note, j’ai pris rendez-vous avec ***, ***, afin d’en savoir plus sur la question théorique.
  8. *** m’a appris que la question théorique valait, en terme de points, la moitié de la note de l’examen.
  9. Bien que je me sois conformé à une certaine structure de raisonnement et que j’aie mentionné des aspects convenables, ma synthèse a été jugée lacunaire. Pour cette raison, je n’aurais reçu au maximum qu’un quart (0.25) de point selon ***.
  10. Déduction faite, la question théorique et le casus valent apparemment à eux deux cinq (5) points. La note minimale étant un (1) et la maximale étant six (6), l’écart entre ces deux extrêmes démontre que cinq (5) points peuvent être obtenus sur l’ensemble de l’examen. Par conséquent, les explications de *** mènent à la conclusion que chacune des deux parties valait deux points et demi (2.5).




Motif

Selon l’art. 66 du Règlement de faculté, “[t]out recours contre le résultat d’un examen ne peut se fonder que sur l’illégalité de la décision, un grief de vice de forme ou d’arbitraire”. Le présent recours se fonde ce dernier motif. Au vu de la correction, il paraît difficilement concevable qu’un tel examen puisse valoir une note aussi médiocre. Celle-ci n’est supérieure à la note minimale que de *** de points. La note attribuée à l’examen *** est donc arbitraire, et ce pour plusieurs raisons.

On m’a reproché d’avoir parfois manqué de structure et d’avoir été un peu confus par endroit dans la première partie du casus. On m’a néanmoins affirmé que j’avais donné plusieurs éléments de réponse corrects. Malgré cela, je n’ai reçu aucun point (cf. faits n° 4, 5 et 6). Un candidat qui connaît sa matière et qui a donné des éléments de réponse corrects doit pouvoir obtenir quelques points même s’il n’a pas fait preuve d’une extrême rigueur structurelle dans son raisonnement. Le but d’un examen étant de tester tant les connaissances que le syllogisme du candidat, celui-ci ne peut dès lors pas être privé de la totalité des points sous prétexte que la charpente de sa logique était chancelante. Un examen est un exercice face auquel tous les candidats ne sont pas égaux, certains maîtrisant mieux que d’autres leur fébrilité, et pouvant faire preuve d’un raisonnement plus posé et systématique, par exemple. C’est pourquoi il apparaît équitable de permettre au candidat malheureux de compenser, ne serait-ce que légèrement, ce trait de personnalité par les connaissances qu’il a acquises et exposées dans son examen. Une articulation fébrile des notions peut, voire doit être sanctionnée, mais certainement pas aussi sévèrement que dans le cas présent.

La partie théorique a été tout aussi pénalisante. Bien que la structure du raisonnement soit assez proche de celle qui a été expliquée et utilisée lors des cours ***, les quelques lacunes pointées du doigt dans mon développement ont été très durement sanctionnées (cf. faits n° 7, 8 et 9). On ne m’a blâmé pour un quelconque hors sujet ni pour un manque de connaissance. Seule l’exhaustivité de mon argumentation semble faire défaut. L’apprentissage du droit se fait d’un côté par la réflexion, de l’autre par la mémorisation. La quantité d’information à retenir étant très conséquente, il arrive que la mémoire souffre quelques carences. Il apparaît là aussi que la correction a été beaucoup plus sévère qu’elle n’aurait dû. Bien que les exigences soient naturellement élevées, sanctionner à ce point un manque d’exhaustivité (alors qu’au moins une partie de la matière a été exposée au moyen d’éléments corrects) est tout à fait injustifié. Là encore, quelques points auraient dû être attribués, malgré le reproche fait concernant l’insuffisance des explications. En l’état, le nombre de point attribué est similaire au cas où je n’aurais rien exposé du tout, ce qui est particulièrement choquant.

Enfin, je soupçonne l’échelle utilisée de commencer à partir de zéro (0) et non à partir de un (1). Que les deux développements ci-dessus se heurtent ou non à la sévérité de votre jugement, je demande encore à la Commission de bien vouloir porter son attention sur l’échelle utilisée. En effet, je peine à croire que ma prestation ait été aussi mauvaise, vu le temps consacré à l’apprentissage et à la compréhension de la matière. Un examen avec une note aussi basse doit nécessairement présenter un niveau de médiocrité inversement proportionnel, ce qui fait certainement défaut dans le cas présent.




Conclusion

Fondé sur ce qui précède, plaise à la Commission statuer :

  1. Le recours est admis et la note est revue conformément à l’art. 28 al. 5 du Règlement de faculté.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la Commission des examens, Madame, Messieurs, mes respectueuses salutations.

François ***

5 réponses leave one →
  1. 2009 juillet 17

    yeaaaaa françis…il est bien ton recours..je sens qu’il va être accepté, en tout cas j’espère..ciao

  2. 2009 juillet 17

    Accepté, sûrement, mais est-ce qu’on va m’accorder les points dont j’ai besoin ? Pas sûr… Enfin, on verra ! :)

  3. 2009 juillet 17

    Coucou!
    Joliment tourné ton recours bravo, c’est du béton et j’espère que même en t’attaquant à un monolithe de la fac dont il préférable de taire le nom tu réussiras à avoir ce que tu demandes, tu le mérites!!

    Bon courage pour tes révisions, si je peux t’aider (suis un peu rouillée mais bon) n’ hésite pas!

    Biz

  4. 2009 septembre 1
    clarisse lien permanent

    Bonjour. Je suis moi aussi étudiante, mais en biologie, et me trouve fort choquée par le comportement observé cette après-midi lors d’un examen de ratrapage. Alors que les notes de la première session (examens de janvier 2009) n’ont étées communiquées qu’en juillet, j’ai demandé à pouvoir consulter mes copies aussitôt par mail. Aucune réponse ne m’a été donnée. Je me suis présentée à un examen de ratrapage aujourd’hui, et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un seul sujet au lieu de 4! 20 minutes après le début de l’épreuve, un second sujet d’examen, titré d’une autre licence et d’une autre matière, nous a été présenté. Celui-ci concernait 15 éléments d’un polycopié en contenant 147! (Nos professeurs ayant lors de nos cours, insisté sur l’importance d’autres polycopiés, et non de celui-ci). Rentrée à la maison, j’ai analysée avec attention le poly de cours qui contenait les éléments qu’il fallait rendre sur le sujet. 4 éléments sur les 15 demandés ne figurent pas dans nos polys. D’autre part, on nous demandait deux réponses pour chaque élément, la deuxième question n’ayant aucune information dans nos cours nous indiquant de quel côté chercher. Que puis-je faire selon toi, à part pleurer et recommencer une année? Merci de répondre très vite.

  5. 2009 septembre 1

    A part prendre contact avec le décanat de ta faculté dès maintenant pour te plaindre de la situation (n’y va pas seule, mais accompagnée avec des personnes dans le même cas que toi ; il faut être beaucoup pour faire plier la direction), il n’y aura que le recours (art. 33 du règlement de l’école de biologie) pour arbitraire qui sera recevable.

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